Un escalier quart tournant change de direction de 90 degrés en cours de montée, soit par un palier carré, soit par des marches balancées qui tournent progressivement. Il prend moins de longueur qu'un escalier droit et loge souvent dans un angle de pièce.
Deux façons de tourner
Avec un palier, l'escalier se compose de deux volées droites reliées par un carré plat. La montée est simple, on peut s'arrêter au palier, et les marches restent toutes rectangulaires, donc faciles à fabriquer. Le palier occupe en revanche l'équivalent de plusieurs marches en surface au sol.
Avec des marches balancées, le virage se fait sur plusieurs marches dont la forme évolue : elles s'élargissent côté extérieur et se resserrent côté intérieur. L'escalier devient plus compact et plus fluide à l'œil. Sa conception demande plus de soin, car le confort tient à la façon dont on répartit ce resserrement.
Une variante courante place le quart tournant en bas ou en haut de l'escalier, avec trois ou quatre marches tournantes et une longue volée droite. Elle permet de déboucher dans le bon sens sans élargir la trémie.
Le balancement des marches, expliqué simplement
Si l'on se contentait de découper le virage en parts égales autour d'un point, comme un éventail, les marches deviendraient presque nulles côté intérieur. Le pied y glisserait. Le balancement consiste à faire commencer le virage quelques marches avant l'angle et à le prolonger quelques marches après, en faisant varier les girons de façon progressive. Ainsi, chaque marche tournante reste praticable sur sa largeur utile.
Le contrôle se fait sur la ligne de foulée, tracée à distance du bord intérieur, là où l'on marche en tenant la main courante. Sur cette ligne, toutes les marches doivent présenter le même giron, droites comme tournantes, et la formule de Blondel doit s'y vérifier. Un escalier dont les girons sautent d'une marche à l'autre fait trébucher même ceux qui l'empruntent tous les jours. Les bases de ce calcul sont posées dans le guide de l'escalier métallique et de la formule de Blondel.
Tracer le plan en cinq étapes
- Mesurer la hauteur à franchir, de sol fini à sol fini, et la diviser par le nombre de marches envisagé pour obtenir une hauteur de marche régulière.
- Choisir le giron sur la ligne de foulée avec la formule de Blondel, puis reporter tous les girons à intervalle égal le long de cette ligne, virage compris.
- Décider du sens : quart tournant à gauche ou à droite, selon l'endroit où l'on arrive à l'étage et l'emplacement des portes.
- Balancer les marches tournantes sur la vue en plan, de façon que leurs bords intérieurs se resserrent progressivement sans devenir trop étroits.
- Vérifier l'échappée en tout point de la montée et en déduire les cotes de la trémie.
Ce travail se fait sur un plan à l'échelle, jamais à vue sur le chantier. Un métallier sérieux le remet avec le devis ou avant fabrication, pour validation.
Emprise au sol et trémie
L'emprise d'un quart tournant se décrit par ses deux longueurs, une le long de chaque mur, et par sa largeur de passage. À hauteur égale, il occupe une surface en L plus ramassée qu'un escalier droit, ce qui libère souvent un mur entier dans la pièce. La trémie suit la même forme ; elle peut être réduite si le virage se trouve en haut, à condition que l'échappée reste suffisante sous le bord du plancher.
Prenons une entrée de maison avec un angle libre et une hauteur d'étage classique : un escalier droit demanderait une longueur que la pièce n'offre pas, tandis qu'un quart tournant en bas, avec trois marches balancées, tient le long de deux murs et dégage le passage vers le séjour. Le dessous de la volée devient un placard ou un rangement à vélo. Si la place est encore plus comptée, l'escalier hélicoïdal à fût central prend le relais, au prix du confort et du passage des meubles.
Structure et fixation d'un quart tournant en acier
La structure la plus courante associe un limon côté mur et un limon côté vide, ou un limon central qui suit le virage. Le limon tournant se fabrique en plusieurs tronçons soudés ou boulonnés, parfois avec un poteau à l'angle intérieur. Sans poteau, la reprise d'efforts au virage exige un limon plus rigide ou un ancrage solide dans les murs. Les marches tournantes reçoivent chacune leurs consoles, découpées une à une.
Le côté vide appelle un garde-corps rampant dont la main courante suit la montée sans rupture au virage. Le cintrage ou l'assemblage de cette main courante au niveau du quart tournant est un bon indicateur du soin du métallier. Les règles de hauteur et de préhension figurent dans le guide de la rampe et de la main courante d'escalier. Pour comparer les offres reçues, la lecture d'un devis de métallier détaille ce qui doit figurer noir sur blanc : plan, matière, finition, pose.
Erreurs fréquentes sur un quart tournant
- Des marches balancées trop pointues côté intérieur, où le pied ne trouve pas d'appui.
- Un sens de montée choisi sur plan sans vérifier où l'on débouche à l'étage.
- Une hauteur de sol fini oubliée, qui rend la première ou la dernière marche différente des autres.
- Un garde-corps et une main courante interrompus au virage, alors que c'est l'endroit où l'on s'y tient le plus.
À retenir
- Palier pour la simplicité et la pause, marches balancées pour la compacité.
- Tous les girons sont égaux sur la ligne de foulée, virage compris.
- Le plan à l'échelle se valide avant fabrication : sens, échappée, trémie, main courante continue.
D'autres formes d'escalier et tous les ouvrages de protection sont présentés dans la rubrique garde-corps et escaliers.