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Aluminium ou acier dehors : le bon métal selon l’ouvrage

Aluminium ou acier dehors : le bon métal selon l’ouvrage

Entre acier ou aluminium, le choix se fait d’abord sur la rigidité et la corrosion : l’acier est environ trois fois plus lourd mais aussi trois fois plus rigide, et il doit être protégé de la rouille ; l’aluminium, léger et inoxydable par nature, fléchit davantage sur les grandes portées.

Masse, raideur, mise en forme : l’acier et l’aluminium ne travaillent pas pareil

L’acier est un alliage de fer et de carbone. Sa masse volumique avoisine 7,8 tonnes par mètre cube, celle de l’aluminium 2,7. À volume égal, une pièce d’aluminium pèse donc à peu près le tiers d’une pièce d’acier. Ce rapport se retrouve presque à l’identique pour la rigidité : le module d’élasticité de l’aluminium est environ trois fois plus faible. Sous la même charge, une barre d’aluminium plie trois fois plus qu’une barre d’acier de même section.

Ce point explique pourquoi un portail en aluminium a des montants plus larges qu’un portail en acier : pour obtenir la même raideur, le fabricant augmente la section des profilés, qui sont creux et extrudés, c’est-à-dire poussés à travers une filière qui leur donne une forme complexe. L’acier, lui, se travaille en tubes, cornières, fers plats et tôles, faciles à souder et à forger.

Acier et aluminium face à face

CritèreAcierAluminium
PoidsLourd, demande des gonds et des piliers robustesLéger, sollicite peu la quincaillerie et la motorisation
RigiditéÉlevée, sections fines possiblesTrois fois plus souple, sections plus fortes
CorrosionRouille sans protectionNe rouille pas, s’oxyde en surface
ProtectionGalvanisation, peinture, thermolaquageThermolaquage ou anodisation
SoudureSimple, réparable sur placePlus technique, souvent assemblage mécanique
DilatationModéréeEnviron deux fois celle de l’acier
StyleFines sections, ferronnerie, aspect atelierLignes contemporaines, profils pleins ou lames

La corrosion : ce qui protège chacun

L’acier rouille dès qu’il est exposé à l’humidité, et sa rouille ne s’arrête pas d’elle-même : elle gonfle, s’effrite et attaque le métal en profondeur. Toute pièce extérieure reçoit donc une protection, dont la qualité décide de la durée de vie. La plus durable reste la galvanisation à chaud, seule ou complétée d’une peinture, et le guide du thermolaquage sur acier et aluminium explique comment s’y ajoute la couleur.

L’aluminium se couvre spontanément d’une fine pellicule d’alumine qui le protège. Il ne rouille pas, mais il se ternit et peut se piquer dans un air salin ou pollué. D’où son laquage presque systématique, ou son anodisation, une couche d’oxyde renforcée par électrolyse. Un piège guette les mélanges : au contact de l’acier, du cuivre ou de certaines visseries en présence d’humidité, l’aluminium se corrode par couple galvanique. Les fixations se font alors en inox avec des rondelles isolantes.

En bord de mer, les deux matériaux tiennent si la protection est adaptée à l’ambiance marine : galvanisation et peinture en duplex pour l’acier, laquage de qualité marine pour l’aluminium. Un acier simplement peint y vieillit mal.

Rigidité et portée : le piège des grandes longueurs

Pour une clôture en panneaux d’un mètre de haut, la souplesse de l’aluminium ne gêne pas. Les choses changent avec la portée. Prenons un portail coulissant autoportant de 5 m : en aluminium, il faut des profils hauts et un cadre bien étudié pour éviter qu’il ne fléchisse en porte-à-faux ; en acier, il est plus lourd, mais une section modeste garde sa ligne. Sur une pergola, l’écart se voit aussi : une poutre en aluminium franchit une portée donnée avec une hauteur plus importante qu’une poutre en acier.

La dilatation joue dans le même sens. L’aluminium s’allonge à la chaleur à peu près deux fois plus que l’acier ; sur de grandes longueurs exposées au soleil, des jeux de dilatation sont nécessaires. Les guides pergola aluminium ou acier et clôture aluminium ou acier appliquent ces règles à chaque ouvrage.

Façonnage, soudure et réparation

L’acier est la matière du métallier par excellence. Il se coupe, se cintre, se forge et se soude avec tous les procédés courants. Sur place, un poste à l’électrode suffit pour ajouter une patte ou réparer un barreau. Cette souplesse permet le vrai sur-mesure et la ferronnerie : volutes, barreaux torsadés, assemblages à chaud, que l’on retrouve dans le guide du fer forgé et de l’acier forgé.

L’aluminium se soude aussi, en TIG ou en MIG, mais il demande un savoir-faire et un matériel spécifiques : il conduit la chaleur très vite, fond sans changer de couleur et perd une partie de sa résistance près du cordon. Une grande partie des ouvrages en aluminium est donc assemblée mécaniquement, par vis, équerres et clips, à partir de gammes de profilés. Une réparation sur place est plus délicate, et le remplacement d’un élément suppose souvent de retrouver le même profil.

Ce qui fait varier le coût de l’un et de l’autre

Comparer les deux matériaux au kilo n’a pas de sens : l’aluminium est plus cher à la tonne, mais il en faut beaucoup moins en poids. Le prix d’un ouvrage dépend surtout de la quantité de matière réellement employée, du temps de fabrication, de la finition et de la pose. Un portail aluminium issu d’une gamme de profilés standard se fabrique vite ; un portail aluminium entièrement sur mesure demande plus de travail. Un ouvrage en acier galvanisé puis laqué cumule deux traitements, mais dure longtemps.

Il faut aussi compter ce qui se trouve autour. Un portail en acier lourd peut exiger des piliers plus solides et une motorisation plus puissante ; l’aluminium allège ces postes. À l’inverse, l’entretien d’un acier dont la peinture s’écaille pèse sur la durée. Le bon calcul se fait sur la durée de vie, pas sur le seul devis.

Quel métal pour quel ouvrage

  • Portail et portillon de grande largeur, motorisés : aluminium pour la légèreté, ou acier si la finesse des montants prime.
  • Clôture en panneaux ou en lames : aluminium pour l’entretien quasi nul, acier galvanisé pour la robustesse face aux chocs.
  • Garde-corps à barreaux fins, rampe forgée, grille de défense : acier, pour la rigidité en petite section et le façonnage.
  • Pergola à lames orientables : aluminium, qui domine ce type de produit ; acier pour une structure fine de grande portée.
  • Verrière d’atelier : acier, pour obtenir des profils très fins.
  • Ouvrage en bord de mer : l’un ou l’autre, avec une protection de niveau marin.

À retenir

  • L’acier pèse environ trois fois plus, mais il est trois fois plus rigide.
  • L’acier exige une protection anticorrosion ; l’aluminium surtout un laquage pour la couleur et l’ambiance agressive.
  • Sur les grandes portées, l’aluminium demande des sections plus fortes.
  • L’acier se soude et se répare facilement, l’aluminium s’assemble souvent mécaniquement.
  • Le coût se juge sur l’ouvrage complet et sa durée de vie, pas au kilo.

Les autres comparaisons de matières et de finitions sont réunies dans la rubrique matériaux de la métallerie.

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