Sauter au contenu
Poser une verrière intérieure : du mur à démolir jusqu'au dernier joint

Poser une verrière intérieure : du mur à démolir jusqu'au dernier joint

Poser une verrière intérieure commence par une question de support : un mur porteur exige une étude et un linteau avant toute ouverture, alors qu'une cloison légère se dépose sans calcul. Viennent ensuite la prise de cotes, le choix entre kit et sur mesure, puis la fixation.

Mur porteur ou cloison : savoir ce que l'on ouvre

Une verrière remplace presque toujours une partie de mur. Si ce mur porte un plancher, une charpente ou les étages du dessus, il ne s'ouvre pas sans calcul : il faut faire reprendre les charges par un linteau ou une poutre, dimensionnés par un bureau d'études structure ou un ingénieur. En copropriété, toucher un mur porteur suppose aussi l'accord de l'assemblée générale, puisque la structure de l'immeuble est une partie commune.

Plusieurs indices orientent le diagnostic, sans le remplacer : l'épaisseur du mur, le son qu'il rend, sa position par rapport aux solives visibles à la cave ou au grenier, et les plans d'origine s'ils existent. Une cloison en carreaux de plâtre ou en plaques sur ossature sonne creux et dépasse rarement une dizaine de centimètres d'épaisseur. Un mur de refend en brique ou en pierre est souvent bien plus épais.

Le linteau dans un mur porteur

Lorsque l'ouverture touche la structure, l'ordre des travaux est imposé : étaiement, découpe d'une saignée, pose de la poutre sur des appuis maçonnés, calage, puis seulement démolition sous la poutre. Les profils les plus courants sont les poutres en I, dont le guide poutre IPN et IPE pour ouvrir un mur porteur décrit le fonctionnement. La verrière vient ensuite se loger sous ce linteau, comme une menuiserie dans une baie.

La poutre et la verrière sont deux ouvrages distincts. La première relève de la structure, avec les assurances qui vont avec ; la seconde est un aménagement. Un même artisan peut réaliser les deux, mais le devis doit les séparer clairement.

Prendre les cotes sans se tromper

Une verrière sur mesure se fabrique au millimètre. Les murs, les sols et les plafonds ne sont jamais parfaitement droits, d'où une méthode en plusieurs relevés :

  1. Mesurer la largeur de l'ouverture en haut, au milieu et en bas, et retenir la plus petite valeur.
  2. Mesurer la hauteur à gauche, au centre et à droite, depuis le sol fini (carrelage ou parquet posé, pas la chape).
  3. Contrôler l'aplomb des deux côtés avec un niveau long ou un laser, et noter le faux aplomb en millimètres.
  4. Mesurer les deux diagonales : un écart important révèle une ouverture qui n'est pas d'équerre.
  5. Repérer les gaines, prises, interrupteurs et radiateurs situés dans l'emprise ou à proximité.
  6. Relever l'épaisseur du mur ou de la cloison, qui détermine la profondeur du cadre ou des fourrures.

Ces relevés servent à préparer un premier chiffrage. La cote de fabrication, elle, est reprise par l'artisan sur place, après les travaux de gros œuvre et une fois les sols posés. Une fabrication lancée sur une mesure prise avant le carrelage finit souvent trop haute ou avec un jour visible en pied.

Comment l'ossature tient au bâtiment

Une verrière acier pèse son poids, et le verre double presque la masse. La fixation dépend de chaque support :

  • dans le béton plein, des chevilles métalliques à expansion ou un scellement chimique ;
  • dans la brique creuse ou le bloc creux, des chevilles adaptées aux matériaux creux, ou un scellement chimique avec tamis ;
  • dans une cloison en plaques de plâtre, des fixations dans les montants métalliques ou dans un renfort bois placé avant le parement ;
  • au sol, le cadre peut reposer sur une lisse basse fixée dans la dalle, ou s'appuyer sur un muret maçonné à hauteur d'allège.

Le jeu laissé entre le cadre et la maçonnerie se reprend ensuite par un mastic acrylique peint, un couvre-joint ou une fourrure. C'est ce détail qui donne le rendu final : un jeu irrégulier rattrapé au mastic se voit à un mètre.

Kit ou sur mesure : deux logiques différentes

Un kit de verrière est vendu en largeurs et hauteurs standard, avec des modules à assembler et souvent des petits bois clipsés ou collés. Il convient à une ouverture neuve que l'on peut créer aux dimensions du kit, dans une cloison légère, pour un bricoleur méthodique. Ses limites apparaissent dès que l'ouverture est irrégulière, haute, ou qu'il faut intégrer une porte d'une largeur précise.

Le sur-mesure part au contraire de l'ouverture réelle : le métallier soude un cadre aux cotes relevées, rattrape les faux aplombs, choisit le vitrage avec le verrier et livre une finition homogène. Son coût dépend du nombre de carreaux, de la hauteur, du type de porte, de la finition et du temps de pose, mais aussi de l'accès au chantier : une verrière à monter au quatrième étage sans ascenseur ne se manipule pas comme un ouvrage livré de plain-pied.

Vitrage, joints et dernières finitions

Le verre se pose généralement après l'ossature, sur des cales, puis se maintient par des parcloses vissées ou par un joint. Un verre de sécurité, feuilleté ou trempé, est la règle pour les carreaux exposés aux chocs, notamment en partie basse et sur une porte. Le joint entre verre et profil se fait au mastic silicone, au joint en caoutchouc ou à la parclose, selon le système ; c'est lui qui conditionne l'étanchéité aux odeurs et au bruit.

Une fois la verrière en place, la réception se fait comme pour tout ouvrage : vérification de l'aplomb, du fonctionnement de la porte, de l'absence de rayures sur le verre et de l'aspect de la peinture. Les réserves se notent par écrit. Le guide garanties et assurances d'un ouvrage de métallerie explique ce qui couvre quoi après cette réception, et la page trouver un métallier près de chez soi aide à repérer un artisan qui fabrique lui-même. Pour le choix des profils et de la porte, voir le guide de la verrière d'atelier et la rubrique verrières et pergolas.

À retenir

  • Un mur porteur ne s'ouvre qu'après une étude structure et la pose d'un linteau, et avec l'accord de la copropriété le cas échéant.
  • Les cotes se relèvent en trois points, sur sol fini ; la cote de fabrication est reprise par l'artisan.
  • Le kit suppose une ouverture aux dimensions standard ; le sur-mesure s'adapte au bâtiment réel.
  • Les carreaux bas et ceux de la porte reçoivent un verre de sécurité.

Sources : NF DTU 39 (travaux de vitrerie-miroiterie).

↑